Dans l’ombre de l’amour : L’impact insidieux des parents toxiques sur leurs enfants



Être un bon parent, qu’est-ce que c’est ? Nous n’avons sûrement pas tous la même définition. Cependant, je vais prendre deux définitions prises sur internet : 

Je pense qu’il n’y a pas vraiment de définition d’un “bon parent”, chacun fait du mieux qu’il peut, en faisant évidemment des erreurs. Car, oui, l’erreur est humaine

Mais à quel point peut-on se permettre de faire des erreurs ? À quel moment doit-on se remettre en question ? Et surtout, quel impact cela a sur l’enfant ?

Comme vous l’aurez deviné, cet article parlera de ma vie personnelle. Il y aura aussi beaucoup de témoignages sur le même sujet de personnes qui ont bien voulu partager leurs histoires.

Peut-être que cet article servira à d’autres (du moins, je l’espère), ou peut-être pas. En tout cas, j’espère qu’il m’aidera. 

Sur Instagram, je vous ai demandé quelle était votre définition d’un parent toxique. Je vous partage les réponses ci-dessous.

J’ai énormément réfléchi sur mes parents, sur ce qu’ils ont fait, ou pas fait. Et je me suis rendu compte de pleins de choses qui n’allaient pas. Je sais évidemment que tous les parents font des erreurs : les parents parfaits n’existent pas. Nous voyons aussi des parents très stricts qui peuvent nous faire penser qu’ils sont toxiques alors qu’ils ne le sont pas forcément. D’ailleurs, c’est ce que je me suis souvent dit.

Je suis passée par le déni, par la tristesse, la colère et enfin, l’acceptation de ce que je vivais, ce n’était pas vraiment normal. Mais il faut avouer : même encore aujourd’hui, je peux en douter. Il y a encore des situations où je me dis que c’est normal mais en fait, pas vraiment. Et des situations que je n’ai pas supportées mais, pourtant, où je me suis dit “Et si je me plaignais pour rien ? Oh, ce n’est pas si grave, il y a pire dans la vie !”. Alors oui, il y a pire. Mais il y a aussi mieux. Et plus sain comme situation.

Et c’est là que je me dis que j’ai merveilleusement bien choisi le titre de cet article : 

Maintenant, nous allons encore chercher des définitions sur internet. 

Hum… Ce n’est pas exactement ce que je recherche : 

Hum… D’accord.

Puisque Internet est notre ami, voici un article que j’ai repéré :

J’avoue avoir souris en lisant ces différents points : ils représentent mes deux parents

Je ne dirais pas qu’un de mes parents est toxique parce qu’il ne me veut pas du bien. C’est faux. Mon père a été seul pour élever deux enfants suite à la séparation avec ma mère et tout ce qu’il a fait, c’était pour nous. Je pense sincèrement qu’il ne nous voulait que du bien et plus que ça, s’il le pouvait. 

Malheureusement, dans cet amour, il y a eu beaucoup d’ombres. J’avais l’impression que mon père ne s’intéressait qu’à l’école, aux devoirs, aux notes et à l’apprentissage. J’avais une pression constante. Je ne sortais presque jamais parce que mes notes n’étaient pas suffisantes. J’avais une caméra dans ma chambre pour savoir si je faisais bien mes devoirs. J’avais un contrôle parental sur mon téléphone jusqu’au lycée. J’avais l’impression d’être contrôlée à chaque instant de ma vie. Un jour, j’ai pensé que mon père avait mis une caméra dans ma tête. Cette idée m’a fait paniquer parce que j’avais peur de ne plus pouvoir penser comme je le voulais.

Mon père a trouvé une autre femme. Il nous l’avait présentée par son prénom. Et c’est tout. Au début, je pensais que c’était une femme de ménage qui nous faisait à manger et lavait nos vêtements. Jusqu’au jour où je me suis rendue compte que c’était quand même bizarre qu’elle reste dormir à la maison et dans la même chambre que mon père. J’ai du coup posé la question à mon père qui m’a répondu que : « la vie… » Bref, je devais avoir 8 ans, je ne comprenais pas son charabia. J’ai donc eu la confirmation que mon père et cette femme était amoureux en demandant aux autres personnes de ma famille. J’avoue que je n’étais pas très futée. Ou alors, j’avais juste 8 ans.

Cette femme ne parlait que très peu français, alors on ne communiquait pas vraiment. Il n’y avait que quelques sourires gênés. Bien sûr, elle a appris les bases de la langue au fur et à mesure. Et selon la logique des choses, nous devions communiquer. Eh bien, non. Cette femme ne savait s’exprimer qu’en criant. Elle se plaignait souvent de mon frère et moi. Je dois avouer qu’on était difficile. Mais on était des enfants, on ne comprenait pas pourquoi une femme qui ne parle pas français devait s’occuper de nous comme si c’était notre maman. Alors, je faisais la tête et j’écoutais très peu ce qu’elle disait. Mais c’est allé de plus en plus loin. Par exemple, elle vérifiait fréquemment quand on faisait le ménage et dès qu’un truc n’allait pas, elle me criait dessus. Et elle allait tout rapporter à mon père qui me grondait aussi.

Un des meilleurs souvenirs était une histoire de poubelle. J’avais mal jeté quelque chose (je ne l’avais pas recouvert avant de le jeter). Cette femme m’a crié dessus. Elle s’est plainte à mon père qui m’a aussi passé un savon en utilisant l’argument de “c’est n’importe quoi, imagine les gens du village voyait ça”. Bien sûr, je n’avais pas pensé que les gens du village pourraient fouiller nos poubelles.

Bref, pour chaque dispute avec elle, mon père prenait sa défense. Et au moins 2 fois par mois, je devais m’excuser auprès d’elle, car elle menaçait mon père de repartir chez elle

Cette pression permanente sur l’école et le fait de rester à la maison s’est mal développée en moi. J’étais contente d’aller à l’école (même si ce n’était pas ma tasse de thé) et de ne rentrer qu’à 18h, même si je finissais très tôt comme 15h. Et quand j’étais dans le bus pour rentrer, j’avais cette boule au ventre. Est-ce que je vais me faire engueuler ? Est-ce qu’il va vérifier mes devoirs ? Qu’est ce qu’il va se passer ?

Récemment, nous avons encore eu une prise de tête, elle et moi, à propos d’une bière non terminée et laissée sur la table. Oui… c’est parti de rien du tout. Elle m’a donc crié directement dessus en disant que je n’avais pas le droit de retourner chez eux. Mon père ? Il n’a évidemment rien dit.

Quant à mon autre parent… ça va être difficile d’en parler parce que je ne sais pas ce qu’elle a dans la tête. En plus, elle ment énormément et je ne sais plus départager le vrai du faux. Ma mère est très contradictoire. C’est le genre de personne qui, à l’extérieur et en apparence, va montrer que tout va bien, qu’elle est parfaite ainsi que sa famille proche. Elle est très sociable et souriante. Elle aime ses enfants. Elle me donnait beaucoup de cadeaux. Elle apportait aussi le plan affectif que mon père ne pouvait donner : des bisous et des câlins. 

Cependant, ma mère s’emporte très facilement et durement. Elle est imprévisible. Des fois, elle est très gentille. Mais elle peut passer d’un “je t’aime” à un “sale pute” (oui, tu as bien lu) rapidement. Elle m’insultait souvent. Continuellement. Et elle le fait toujours quand elle est contrariée. Elle réagit comme une personne de mon âge ou une adolescente. Parmi toutes ses insultes à répétition, voici ce qui revient le plus : pute, salope, écervelée, pas intelligente, gamine immature, ratée. Et je ne parle même pas des nombreuses remarques sur mon poids. Toute mon enfance j’avais des remarques sur le fait que, soit j’étais trop grosse, soit j’étais trop maigre (oui ça varie en fonction de son humeur). 

Il y a souvent de la jalousie dans une fratrie et c’est plus ou moins normal. Je jalousais mon frère parce qu’il était le préféré. Ce n’est pas une supposition, c’est un fait. Pour te donner une idée, je vais te raconter une vieille histoire : 

Nous étions jeunes, mon frère et moi (pas plus de 9-10 ans). Nous avons joué face à ma mère qui nous regardait. C’était le jour du nouvel an. Un moment mon frère m’a frappé et je me suis plainte à ma mère qui a dit que ce n’était pas grave, qu’on jouait. Je n’ai rien dit et j’ai continué à m’amuser avec mon frère. Quelques minutes plus tard, mon frère a dit pour rigoler à ma mère “Maman, Cindy m’a frappé”. Je tiens à préciser que ce n’était pas vrai, que c’était juste pour m’embêter, et que ma mère nous regardait jouer ! Elle savait donc que ce n’était pas vrai. Eh bien, je me suis quand même fait punir le jour du nouvel an. 

Elle dit souvent que mon frère est un ange et qu’il ne connait pas le mal. Alors à chaque histoire, je suis en tort.

Mon tout premier petit copain, c’était ma mère qui m’a obligé de sortir avec. J’étais au collège, en 6ème ou en 5ème. C’était le fils de son copain de l’époque. Il m’avait déclaré sa flamme, je ne savais pas comment lui dire non alors je suis allée voir ma mère pour lui raconter. Elle m’a dit de sortir avec. J’ai dit que je ne voulais pas. Bien évidemment, elle a insisté et j’ai fini par sortir avec ce garçon. Je n’étais absolument pas à l’aise. Je n’osais même pas lui faire un bisou. Lui, il le voulait, mais il ne voulait pas me forcer la main. Ma mère lui disait que j’allais l’embrasser si on allait à tel endroit. Je l’ai appris un peu plus tard par lui car il était déçu que je ne l’embrasse toujours pas (en même temps, elle lui donnait de faux espoirs). Un soir, j’ai pleuré dans les bras de ma mère en disant que je n’en pouvais plus, qu’il fallait que j’arrête cette relation. Elle a dit que je ne devais pas le faire. Et je n’osais pas le quitter parce que j’avais peur que ma mère ne m’aime plus. Mais j’ai fini par le faire 1 mois après. 

Avec elle, je suis perdue, je n’ai jamais su comment je devais réagir. Puisqu’on parle des petits amis, au lycée, j’ai eu mon premier vrai petit copain (les autres n’étaient que passade, c’était pour dire à mes ami(e)s que j’étais comme tout le monde. Plus tard, je me suis rendu compte que c’était pour avoir de l’attention) et ma mère le savait et elle l’adorait. Avec ce garçon, on a fait notre première fois. Quelques jours plus tard, ma mère devait se douter de quelque chose parce qu’elle m’a posé la question. J’ai répondu négativement. Elle a insisté en me rassurant sur le fait que tout le monde passait par là, que je pouvais tout lui dire, qu’elle ne me jugera pas. Bref, elle m’a mise en confiance et j’ai fini par le lui avouer. Une seconde plus tard, elle m’a dit que j’étais une salope et une pute d’avoir écarté mes jambes. Oui, tu as encore bien lu.

Ma mère est beaucoup trop contradictoire dans ses paroles et ses actes. Mais je n’arrive pas à la suivre. Quand j’ai quitté ce fameux copain de lycée, ma mère n’était pas trop contente. Quelques semaines plus tard, l’ex petit copain est venu me voir pour demander si ma mère pouvait arrêter de m’insulter quand ils se parlaient lui et elle parce que ça le gênait. Sur le coup, c’était moi qui étais gênée. Que répondre à ça, aussi ? 

Puis les résultats du bac sont tombés. J’ai eu le droit à des félicitations de la part de ma mère. “Et ton ex ? Il l’a eu ?”. Alors lui aussi a eu le droit à des félicitations et même un message sur son profil Facebook ! Moi ? Non. 

Elle tient énormément à son image de femme parfaite. Alors elle ment souvent. Je dirais même tout le temps. Elle ment à ses collègues, ses amis, sa famille, son compagnon et ses enfants. Et en plus, elle oblige ses enfants de mentir à tout le monde pour elle.

Je n’ai jamais compris ses réactions. Je savais qu’elle m’aimait mais.. Je ne savais pas comment. Est-ce qu’une mère qui aime totalement  sa fille lui dirait de se laisser faire si un garçon la touchait car c’est un garçon ? Mais du coup,  Est-ce qu’une mère qui aime totalement  sa fille ferait tout ce que j’ai cité ? 

Récemment, elle m’a dit qu’elle en avait marre de la mauvaise image que j’avais d’elle. Je pourrais donner encore pleins d’anecdotes pour lui répondre, mais je pense que j’en ai assez dit. 

J’ai essayé de parler de mon père de ce que je ressentais. Mais mon père n’écoute pas. Et si j’insiste, il me coupe la parole en disant “écoute moi”. Je ne me suis jamais sentie écouté, j’avais l’impression que ce que je disais ou pensais n’avait aucune importance. Je m’effaçais. Je me sentais à la fois étouffée et vide. J’avais développé un mal-être. Mais si j’avais le malheur d’essayer d’en parler, il me le reprochait. Me plaindre ? N’importe quoi ! Il y a tellement pire dans la vie ! J’ai de la chance d’avoir un toit sous la tête. Alors, je l’écoutais. J’avais toujours ce mal-être. Mais j’essayais de le camoufler. Je n’avais pas le droit de me sentir mal. Je n’étais pas légitime. 

Ma mère, elle, elle fait semblant de m’écouter.

Mes parents ont aussi le don de la culpabilisation : “mais je suis très malade”, “je souffre, comment peux-tu me faire ça ?”, etc. Je ne peux pas communiquer avec eux car ils ne m’écoutent pas. L’un va me couper la parole tandis que l’autre va faire “oui-oui” en restant scotché devant son téléphone. En plus de ça, ils déforment mes propos de manière à ce que ce soit moi la fautive. 

Et après, on me reproche de ne plus faire le premier pas et de ne plus vouloir discuter avec eux.

À mes 18 ans, je suis parti violemment de la maison (en soit, on peut appeler ça une fugue). Les parents de mon ex petit copain ont eu la gentillesse de bien vouloir m’héberger. Sur le trajet, j’ai envoyé un mail à mon père et à ma mère en leur disant le strict minimum de pourquoi je suis parti : je n’avais parlé que de la pression que j’avais et de la liberté que je n’avais pas, sans trop rentrer dans les détails. Dans ce mail, je n’avais même pas parlé de ma mère. 
Résultat ? Mes parents pensent que je suis parti simplement par amour. C’est tout.

Des mois plus tard, après que je suis parti, mon père a tenu à ce qu’on se voit tous les 2 pour discuter. J’ai accepté. Il a beaucoup parlé et quand j’ai essayé de m’exprimer, il m’a coupé la parole pour dire “Non, ne parle pas, tu dois juste m’écouter”. Et quand j’arrivais à en placer une, j’ai pu lui parler de la pression que j’avais. Tout ce qu’il m’a répondu c’était : “Je pense qu’au contraire, je ne t’ai pas assez mis de pression”

Super la discussion.

Cependant, j’avoue que mon père essaie de plus en plus de discuter. Mais qu’à sa manière. Si je ne suis pas d’accord avec lui ou si j’annonce ce que je ressens et ce que j’attends, il dit que je suis une gamine et que je ne cherche pas à discuter. Mais au moins, il essaie.

Suite à la dernière dispute qu’il y a eu avec ma famille (l’histoire de la bière avec la femme de mon père), mon copain a décidé d’envoyer un message à mon père pour m’aider. 

Voici le message : 

«Bonjour monsieur je suis X ( le copain de Cindy ).
Je vous écris sans que Cindy le sache . 
Je vous écris car Cindy va mal et je suis désolé mais on dirait que vous vous en fichez, vous êtes obstiné à défendre ***** (c’est ma belle mère) En reprochant à Cindy de ne pas faire le premier pas alors que c’est censé être Cindy votre priorité. 
Vous êtes toujours dans la défensive et n’essayez jamais de vous mettre à la place de votre fille. 
***** leur mène la vie dure depuis petit et rien n’a été fait. 
Vous souhaitez juste que tout rentre dans l’ordre sans faire d’effort sauf que quand ça bloque il faut savoir ouvrir sa main.
C’est trop facile de demander à Cindy de toujours faire le premier pas ou de revenir et faire semblant que tout va bien alors que non. 
Je pense que vous ne réalisez pas à quelle point votre fille souffre et vous semblez croire qu’il ne s’agit juste d’une crise d’adolescence.
Je trouve ça regrettable car vous êtes un homme intelligent mais vous semblez aveuglé par ***** alors que Cindy ne cherche qu’à être heureuse avec vous. 
Elle adore passer du temps avec vous quand vous faites des projets etc…
Je ne sais pas si vous allez me répondre et vous allez probablement me dire que ce ne sont pas mes affaires mais sincèrement votre fille a besoin de vous et plus particulièrement en ce moment.»

Mon père m’a évidemment parlé de ce message. Il m’a juste dit “il a dit que tu avais une enfance difficile, non mais c’est quoi, ça”. C’est tout ce qu’il a compris du message. 

Mais j’ai tout de même conscience qu’il fait des débuts d’efforts et ça me laisse un tout petit peu d’espoir.

Ma mère, elle, elle m’insulte de tous les noms et me demande d’aller me faire foutre. 

Franchement, j’ai de quoi péter un câble. Je trouve que ça ne sert à rien de lui parler. De toute façon, je ne sais jamais à quoi m’attendre.

Voici le dernier joli petit message que j’ai eu d’elle suite à la même dispute : 

Traduction : “Écervelée, tu vas être mise à la porte encore chez *****, donc au lieu d’insulter la seule personne qui t’accepte car t’es déjà viré de chez ton père, ferme ta gueule et soit mature un peu car personne ne veut de toi, tu ne vois pas ???? Même avec ***** ça se passe mal, non ???? Donc mon écervelée, laves toi déjà le cul et enlève tes grosses lunettes de merde. Au moins les autres t’acceptent déjà”

Depuis cette dernière fameuse dispute, je ne suis pas retournée chez ma famille. J’ai demandé des excuses de la part de la femme de mon père, ou au moins qu’elle vienne faire le premier pas, parce qu’elle est allée trop loin. Mon père m’a dit “De quel droit oses-tu demander des excuses”. Je suis en colère. De quel droit je devais lui présenter mes excuses pendant 10 ans, moi ? Il a aussi dit que je devais me mettre à sa place et essayer de comprendre pourquoi elle a agi de cette manière. C’est très marrant, ça. Moi, on n’a jamais essayé de se mettre à ma place. En plus de ça, je n’aurais pas le droit de demander des excuses parce que depuis que je suis petite, j’ai été difficile. D’accord. Mais comme je l’ai dit, je me suis toujours excusée d’avoir été une enfant en colère. Pourquoi la seule fois où je demande des excuses, on doit me rapporter des dossiers qui datent de 10 ans, quand j’étais encore qu’une enfant ?

J’ai remarqué qu’à chaque fois que je me dispute avec mes parents ou la femme de mon père, on m’oblige toujours de faire le premier pas ou juste de faire comme si de rien ne s’était passé pour passer à autre chose. Je n’avais pas pris conscience à quel point ça me gênait avant cette dernière dispute. Je ne veux plus faire le premier pas si je ne suis pas en tort. J’ai besoin qu’on se mette à ma place et qu’on m’écoute. Parce que je suis fatiguée. 

Malheureusement, demander de ne plus faire le premier pas a des conséquences. En effet, on me dit que je suis une gamine qui ne cherche pas à discuter ni à améliorer les relations. C’est marrant venant des personnes qui ne m’écoutent pas.

Je suis fatiguée de, quoi que je dise ou pas et quoi que je fasse ou pas, ce sera forcément de ma faute.

Il m’est arrivé quelques événements depuis que je suis parti de chez eux il y a 3 ans, notamment une chose qui m’a énormément touchée. Aujourd’hui, je n’arrive pas encore à me sentir bien. J’aurais voulu me confier à mes parents, mais je n’ai pas osé. J’avais peur de me faire engueuler au lieu d’être réconfortée. Heureusement que j’ai été accompagné lors de cette épreuve mais j’aurais voulu aussi leur faire assez confiance pour leur en parler.

Depuis le collège, je pensais souvent au suicide. Du moins, je ne voulais plus ressentir ce que je ressentais. Plus tard, au lycée, j’ai rencontré des problèmes de sommeil et on m’a emmené voir un médecin qui a voulu comprendre pourquoi je ne dormais plus. Je lui ai avoué 2 ou 3 petites choses que j’ai dites ici. Il m’a prescrit quelque chose pour m’aider à dormir. Alors, j’en ai pris. Ça marchait assez bien. Mais mentalement, j’empirais. Ainsi, pendant une petite période, chaque soir, je prenais une pilule de plus que la veille dans l’optique de ne pas me réveiller le lendemain. Bon, comme tu peux le constater, je suis encore là.

Pour compléter cet article et te donner une large idée de personnes toxiques, j’ai pu recueillir d’autres témoignages de personnes extérieures.



Témoignage de Anonyme, femme de 27 ans

≪Elle est dans le déni d’elle-même. Elle nous courait après avec un couteau et le lendemain aucun souvenir et elle était énervée contre nous car elle n’avait que des flash.
Toujours nous en tort. Et elle n’a rien fait. 50 ans qu’elle est alcoolique, elle est dans le déni.
Méchancetés et tout.
Un diable quand elle est mal. Et le lendemain, c’est comme si rien ne s’était passé et c’est de notre faute.
Mais il n’y a pas que l’alcool :  elle est vicieuse et malsaine.≫


Témoignage de Anonyme, homme de 31 ans

≪Mes parents ont divorcé quand j’avais 13 mois, ils ont chacun refait leur vie de leur côté, et se sont re séparés, ma mère avec un divorce à 8 ans, mon père avec une séparation à 11 ans.

Dans les moments moins sympas, ma mère a réussi à me retourner le cerveau pour que je fasse changer mon nom d’usage sur ma carte d’identité pour que je n’utilise plus le nom de mon père, elle me regardait avec un air mauvais dès que je lui rappelais mon père, et comme je lui ressemble pas mal physiquement c’était pas la folie 😁

Dans les moments où je l’ai encore en travers, quand j’étais en prépa (2010) j’avais droit à 30€ tous les deux mois pour manger le midi alors que son budget global était à 4000€, il fallait que je donne des cours particuliers le soir (alors que j’étais en prépa) pour pouvoir manger alors qu’elle faisait du foie gras ou autres produits de luxe dès qu’il y avait des invités

Ça fait très problèmes de riche mais du coup le midi je mangeais du pain au pain parce que tu as pas tout le temps du monde quand tu es en prépa 😅
Et que du coup je donnais des cours particuliers mais c’était 30 minutes de marche aller pour les donner, je pouvais pas faire ça tous les jours non plus

D’un point de vue psychologique j’étais l’homme de la maison à 8 ans, s’il y avait quoi que ce soit qui allait pas je prenais tout dans la tronche Elle a toutes les caractéristiques d’une personne toxique : le « tu sais que je t’aime » doublé d’un « mais t’es qu’un connard comme ton père » (avec ce niveau de langage) quand je mettais 10 minutes de trop à vider le lave-vaisselle ou que j’avais pas trop envie de passer la tondeuse le samedi matin (à 8 ans, toujours)
Quand on regardait un film en famille, mes petits frères qui étaient pas de mon père étaient avec elle dans le canapé dans ses bras, moi j’étais sur un pouf à côté 😅

Y’a aussi eu le classique « non, tu sais faire des maths, tu feras prépa » alors que je voulais être barman.

Dans les pires trucs que j’ai vécu, j’ai fait des crises de panique avec des tremblements assez importants, genre j’étais sur mon lit et je décollais de 10-20 cm par moments tellement j’étais en train de trembler et que c’était incontrôlable, mes frères en voyant ça appellent ma mère, elle arrive et dit « c’est bon, je t’ai vu, arrête ton cinéma ». J’ai bien évidemment continué à trembler jusqu’à épuisement total (1h après) Au niveau psychologique, c’est compliqué parce que c’est difficile de démêler ce qui est de son fait, ce qui vient de ce que je suis et de ce que j’ai vécu par ailleurs… J’ai toujours en moi une énorme propension à plaire en permanence, est-ce que c’est parce que je n’avais que ça comme moyen d’obtenir son amour, est-ce que c’est mon caractère de base, c’est difficile à dire, surtout que je n’ai quasiment aucun souvenir avant mes 8 ans (il me reste moins de 10 souvenirs, dont un seul avec elle). Je suppose que son comportement a quand même beaucoup influé sur ma construction. Elle était en permanence à la limite de péter un câble, du coup je sais que j’ai passé une grande partie de mon enfance à l’éviter ou à avoir peur.
Une de mes activités favorites à un moment, par exemple, c’était de me poser dans un arbre à attendre que le temps passe. Je n’avais absolument rien dans les mains, j’attendais juste que le temps s’écoule et qu’il soit l’heure d’aller plus loin, par exemple à l’école, même si c’était pas un endroit que j’ai apprécié, et c’était même plutôt l’inverse. J’avais 10 ans, et j’avais déjà en tête que ma vie était meilleure loin de la maison. J’ai fini par faire plusieurs tentatives de suicide, et quand elle l’a su elle les a balayées d’un revers de la main parce que je ne cherchais qu’à attirer l’attention d’après elle…≫

– Qu’est ce que tu ressentais ?

≪Ben sur le moment, c’était un mélange d’incompréhension et de tristesse, d’abandon : vu que je n’avais pas mon père et qu’elle s’était même séparée du père de mes frères, je n’avais plus aucun parent à la maison, juste quelqu’un sur qui je pouvais pas compter pour recevoir de l’amour, il fallait le mériter. J’ai essayé de mériter son amour, mais je n’ai pas accepté de faire de plus en plus de tâches ménagères jusqu’à être l’homme de la maison, du coup je n’ai jamais mérité. 

C’est dur quand tu es enfant de te dire que tu n’es pas aimé (et vu comment elle démontait mon père, je ne savais pas si j’étais désiré) quand tu es enfant, que tu ne comprends pas tout mais que tu sais qu’il y a un problème avec toi que tu ne peux pas régler.

C’était épuisant, déprimant, et ça a compliqué ma construction en tant que personne pendant des années, aujourd’hui encore je suis atteint…≫

– Quels sont les impacts de ta vie d’aujourd’hui ?

≪Aujourd’hui je me débrouille pour toujours être avec quelqu’un d’autre si je dois la voir pour qu’il y ait des témoins et qu’elle soit donc plus tranquille que si on était seuls ou en petit comité. J’ai 31 ans, et j’ai peur d’être avec elle en tête à tête… Le pire c’est que quand elle est en public c’est quelqu’un de charmant, mais en tête à tête elle a toujours du mal à dire sur quelqu’un et ce n’est que de la négativité en permanence, et j’ai encore l’impression qu’elle n’a pas compris que j’étais sensé être son enfant moi aussi, j’ai l’impression de ne jamais avoir eu de mère du coup. Et ce qui me sidère ça reste que la différence de traitement entre mes frères et moi est flagrante : tu sais quand je te disais que j’avais 30€ tous les deux mois pour manger, mes frères avaient tout l’argent qu’ils voulaient, ils pouvaient dépenser 30€ par semaine c’était pas un drame, pendant que moi je mangeais du pain que j’avais travaillé pour l’acheter.≫


Témoignage de Anonyme, femme de 27 ans

≪Je me suis toujours senti très nulle, car j’ai toujours été rabaissé par ma mère sur des choses importantes de la vie d’un enfant / d’une jeune fille : remise des diplômes : « pourquoi tes pas majeur de promo?? », premier copain : « il se sert de toi pour coucher « .
« Qu’est ce que j’ai fais au bon dieu pour mériter ça » (en parlant de moi). Toujours des phrases assassines. Elle nous a toujours ligue contre mon père. Elle a toujours été « rejetante » envers nous et en même temps elle arborait le profil de la mère super protectrice, sacrificielle : « Je me suis sacrifie pour vous, j’ai tout fait pour vous ». On ne savait jamais sur quelle pied danser. Elle ne s’est jamais remis en question. Elle se posait toujours en victime. Elle n’a jamais dit pardon une seule fois. Elle fouillait et envahissait nos espaces privés (Regardait nos photos, « rangeait » notre chambre en fouillant). Ça nous a tout abîmé. Oui elle a assuré nos besoins physiques. Mais nos besoins émotionnelles, elle n’a jamais été aimante. Toujours rabaissante. Récemment, elle a traversé une rupture avec mon beau père Nous avons tenté de la soutenir Mais c’était sans cesse des reproches : « Vous n’êtes pas là pour moi », « Je suis toute seule » Alors qu’on se démenait. A chaque fois que j’allais la voir j’étais vidé de mon énergie. C’était un vampire émotionnel. Je faisais attention a mes moindres gestes et paroles. J’ai donc coupé les ponts depuis peu. Je culpabilise beaucoup mais ça me soulage. Aujourd’hui je ne crois plus au  » ce qui nous tue pas nous rend plus fort » . Ça nous abime, on peut se relever mais on reste abîmé avec des séquelles : du mal a faire confiance , du mal à tisser des liens avec la gente féminine.≫

– Quelles sont tes séquelles, aujourd’hui ?

≪Mmmh je dirais que mes séquelles sont : Une sensibilité accrue a que vont penser les gens de moi , du a un manque d’estime de moi même Une inhibition de moi même. C’est a dire qu’à force de me faire toute petite, d’entendre que j’étais + ou moins nulle, ben je me suis « inhibée » jai tendance à me faire très discrète, a être timide, j’ai « diminué » ma personnalité J’ai peur des autres , du regard de l’autre, une certaine anxiété sociale Et j’ai eu des séquelles un peu physique car cela génère du stress sur le long terme Et donc problème de peau +++ (eczéma), pb de digestion mal au ventre pendant des très longues périodes, le corps tendu aussi (trapèzes tendus a cause « du poids » sur les épaules) Avec des symptômes qui sont partis quand j’ai arrêté de vivre avec.≫


Ce serait te mentir de dire que tout va bien dans ma vie actuelle. En effet, il y eu plusieurs impacts suite aux évènements que je t’ai raconté. J’ai dressé une liste de tous les points négatifs à mon égard.

Tous les points qui finissent par une astérisque (*) sont des points où je m’améliore de plus en plus. 

1. Je n’ai pas confiance en moi. Je me sens idiote (pour ne pas dire conne), inutile et inintéressante.

3. Je n’ose pas m’exprimer, dire ce que je ressens par peur d’embêter les gens et puis j’ai l’impression que ce n’est pas grave. *

4. Je n’attends pas d’excuses quand une personne s’est montrée injuste avec moi. J’ai même l’impression que c’est tout le temps de ma faute. *

5. Quand je vais quelque part, j’ai tout le temps l’impression qu’on m’espionne. Je regarde souvent autour de moi pour savoir s’il y a des caméras. S’il y en a, je panique et j’essaie d’exercer un rôle pour montrer que je suis parfaite. *

6. Quoi que je dise ou quoi que je fasse, j’ai peur de décevoir.

7. Je fais des crises de panique à répétition.

8. J’ai une grosse dépendance affective : j’ai très peur de l’abandon.

9. Je ne sais absolument pas gérer mes émotions. Et quand ça devient “trop”, j’opte pour l’automutilation pour me calmer. J’ai découvert ça au lycée et je ne m’en suis jamais vraiment détachée. 

Aujourd’hui, j’en ai marre de me sentir complétement débile dans un corps nul. Parce qu’il m’arrive de ne pas manger par peur d’être grosse (merci maman !) et je n’ose m’affirmer parce que j’ai peur qu’on ne m’écoute pas (merci papa ET maman !)

Ce qui m’a aidé, c’était, dans un premier temps, de prendre de la distance. Ça m’a permis de forger ma personnalité et de prendre un peu plus confiance en moi. 

Ensuite, j’ai commencé à partager mon mal-être à quelques personnes qui m’ont à leurs tours raconter leurs histoires. Et c’est comme ça que je me suis rendu compte que ma situation n’était pas normale.

Enfin, toujours dans l’optique de s’exprimer, quand j’ai dit à ma mère ce que je pensais d’elle (qu’elle a été une mauvaise mère), j’ai soudainement diminué la cigarette jusqu’à pouvoir l’arrêter des jours entiers : je me suis sentis bien d’avoir dit ce que je pensais.

Aujourd’hui, j’aimerais m’exprimer librement tout en sachant que je suis écoutée. 

C’est d’ailleurs en parti pour ça que j’ai écris cet article : pour aller mieux. Comme vous avez pu le lire, tout ceci à provoqué un mal-être qui m’empêche de vivre sereinement.

Je ne pense sincèrement pas que mes parents savent qu’ils sont toxiques. À vrai dire, je ne sais pas vraiment à quoi ils pensent. Mais j’espère qu’ils se rendront compte de leurs actes. Même si j’ai l’impression, et ça me déprime, que de savoir que j’écris ces mots qui représentent des faits et mes sentiments tout en ayant l’impression que s’ils lisent cet article, je vais juste être insulté, culpabilisée et on ne prendra pas en compte ce que j’ai dit.

Mais j’essaie de garder espoir. Je ne les déteste pas. Si j’ai écris tout ça, c’est pour arriver à me faire comprendre. Je veux juste être écoutée, être prise en compte et avoir une bonne relation avec eux.
Car je les aime.


Je tiens à remercier mes proches qui m’ont soutenue dans la rédaction de cet article et à ces personnes qui ont eu la gentillesse de me partager leurs histoires.


Merci d’avoir lu mon article ! Si tu l’as aimé, n’hésite pas à me suivre ou à me rejoindre sur les réseaux sociaux ou à t’abonner à moi.

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Toutes les images présentes sont soumises aux droits d’auteurs (C’est moi qui ai prise toutes les photos que avez vu, sauf celles où je suis dessus).

9 commentaires sur “Dans l’ombre de l’amour : L’impact insidieux des parents toxiques sur leurs enfants

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  1. Pas facile d’avoir un ou des parents toxiques, je sais ce que c’est… Ça impacte beaucoup sur l’adulte qu’on devient. Personnellement, je commence à prendre mes distances (à 52 ans!) Et ça fait vraiment du bien. Je te souhaite en tout cas de surmonter tout ça pour mieux t’épanouir.

    Bonne journée

    Aimé par 1 personne

  2. Merci de ton expérience personnelle, ça doit être bien difficile d’en parler. Je ne vois plus ma mère à ce jour et mon père est malheureusement parti le mois dernier. En tant que parents, on fait de notre mieux et j’espère y arriver au quotidien. Tu as du courage 😗

    Aimé par 1 personne

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